Dordogne

Diaconie, un nouveau mot ?

Diaconie ? Un terme incompréhensible pour la majorité de nos contemporains. Pourquoi ce mot nouveau ?

Ce terme très ancien vient du grec (diakonia) et désigne le fait de se mettre au service des autres, à l’exemple du Christ serviteur qui a lavé les pieds de ses disciples et nous invite à suivre cet exemple.

Diaconie, un nouveau mot ?

publié en janvier 2014

Le pape Benoît XVI en parle explicitement comme étant « le service de l’amour du prochain exercé d’une manière communautaire et ordonnée » (dans son encyclique Deus Caritas Est, au n° 21) et il ajoute qu’il s’agit pour l’Église de quelque chose de tout à fait essentiel, aussi important que l’écoute de la Parole de Dieu et la célébration des sacrements : « l’Église ne peut négliger le service de la Charité ; de même qu’elle ne peut négliger les sacrements ni la Parole » (n° 27).

Le mot « diaconie » peut paraître exotique ou ésotérique, puisqu’il avait disparu du vocabulaire de l’Église depuis quinze siècles environ. Pourtant on le trouve fréquemment dans le Nouveau Testament. Cela reste un mot nouveau, et il est vraiment un mot chrétien qui dit quelque chose de propre aux Églises chrétiennes.

Pour s’habituer à ce nouveau mot, le rassemblement que nous préparons à Lourdes en mai 2013 s’appelle « Diaconia 2013, servons la fraternité ». Le Secours Catholique est partie prenante de cette démarche.

La « diaconie » veut signifier que ce sont les communautés chrétiennes comme telles qui doivent assurer le service des plus démunis. Elles ne peuvent se contenter de déléguer à certaines personnes ou à des associations cette responsabilité envers ceux qui en ont besoin.

La « diaconie » vient rappeler l’Église à sa mission prophétique : « poser dans le monde le signe de la promesse du Royaume, travailler à la justice sans laquelle il ne peut y avoir de paix ».

Comme Jésus, venu pour servir, mais qui a apporté aussi la division, la diaconie de l’Église confronte chacun à l’exigence d’un choix : nous ne pouvons pas nous dérober devant ce choix, ce qu’écrit le théologien Étienne Grieu, nous rappelant l’importance de la diaconie pour l’Église.

« Le mot "diaconie" est aussi et d’abord une manière de se rencontrer, de se lier les uns aux autres, qui cherche à laisser de côté la course aux honneurs et aux hautes fonctions, pour vivre la fraternité et l’attention à l’autre… C’est un mode de rapport à l’autre qui a laissé passer la présence du Christ, qui la rend sensible. C’est pourquoi l’Église a absolument besoin de la diaconie : si elle la négligeait, c’est comme si, tout en parlant de Dieu, elle lui fermait la porte… Quand on comprend cela, on comprend pourquoi l’Église, au cours de son histoire, a toujours donné une place importante aux malades et à ceux qui faisaient un peu peur. Et l’on comprend que pour Elle, c’est aussi une manière d’être fidèle au Christ, c’est un rendez-vous avec Lui. »

Ces prochaines semaines, ces prochains mois dans nos équipes, là où nous sommes, ne manquons pas ce rendez-vous avec Celui qui à Noël est venu parmi nous.

Bonne et sainte année

Père Jean-Louis Favard

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