DélégationPérigord Agenais

L’Hôtesse du sans étoile

Voilà cinq ans que Josette Dubreuil assume cette fonction, à la suite de l’hospitalisation de son mari, touché par la maladie d’Alzheimer et qui par la suite la laissée seule. Mais elle est heureuse dans ce qu’elle considère comme sa mission, prétend que c’est très facile, dit avec conviction que c’est là qu’elle trouve son et ses bonheurs.

Pas du tout habituée à être mise à l’honneur, ni friande de ce genre de choses, elle nous observe. Un regard clair, lumineux, où revient la bonté, comme si elle rayonnait et enveloppait d’une chaleur naturelle, simple, spontanée et irréfléchie les personnes qui viennent vers elle.

Elle a 75 ans, marche doucement, va son chemin dans la sérénité, l’"inconsciente conscience" d’être utile, avec la simple envie d’être aimée en retour. De son ancien métier d’aide-soignante, elle garde la connaissance et le souvenir de ce qui peut calmer, apaiser... Les souffrances des corps mais aussi les blessures ancrées dans les esprits et les cœurs.

Dans le local destiné à l’accueil (2 lits) et auquel sont accolés une cabine de douche et des sanitaires, elle accueille environ 80 personnes par an, personnes sans domicile fixe, pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, routiers-routards... aiguillés par le Secours Catholique et le Samu Social.

La moyenne d’âge est de 50 ans, avec quand même quelques jeunes et quelques vétérans, leur durée de séjour est en général de 2 jours, le maximum autorisé étant de 3 jours. Beaucoup passent et reviennent, comme Jean-Michel dit « le Breton », qui en est à sa 5e année... Ou Philippe, que le hasard nous fait rencontrer en nous permettant un dialogue sur le vif. Lui part pour l’Espagne avec l’espoir de trouver un travail de quelques mois ; comme beaucoup d’autres il appelle Josette « Maman » ou « Super Mamie »... elle rayonne sous ces appellations.

Ici, à l’accueil, ces passants sont accueillis chaleureusement, à bras ouverts ; avant tout ils viennent chercher l’impression d’être « attendus », de retrouver un foyer durant quelques heures ; certes la chambre n’est bien grande, mais Josette a repassé elle-même les draps(et les serviettes) et fait les lits. Il y a le nécessaire pour préparer le café et l’équipe du Secours Catholique est là pour aider à obtenir une aide.

Sur la petite table, un cahier d’enregistrement mais surtout, un bloc de correspondance où les « passants » expriment leurs observations, leur reconnaissance et leurs remerciements pour Josette. Mots et formulations très simples, mais combien touchants, c’est son trésor.

Nous restons sur l’image d’une vieille dame qui contribue efficacement à améliorer et même à créer des moments de vie différents pour ceux qui sillonnent les routes avec pour compagnons misère et désespoir.

Cette vieille dame, son sourire, sa luminosité, son cœur qui n’entend pas quand on l’appelle « Madame » mais qui irradie quand on murmure « Maman Josette »...

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