Dordogne

Le sapin ? Oui… mais n’oublions pas la crèche

Rares sont aujourd’hui les maisons où, à l’occasion de Noël, le sapin décoré et illuminé ne trouve pas sa place. Il n’est pas sans signification religieuse. Issu certes de traditions païennes des populations germaniques et scandinaves, il a mis du temps à imposer son symbolisme chrétien.

La crèche à monter en famille, rpoposée par le Secours Catholique. !

publié en janvier 2014

En raison de sa verdure persistante au cœur de l’hiver, il est signe de la vie qui ne meurt pas, cette vie que nous apporte le Christ, dont nous fêtons à Noël la venue parmi nous, et qui s’épanouit au-delà de la mort en se déployant dans l’éternité bienheureuse, là où justement l’enfant Jésus nous appelle à le suivre.

C’est, dit-on, en 1521 en Alsace qu’on trouve la première mention d’un « arbre de Noël », mais ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale que l’habitude de placer des arbres illuminés, sur la place publique et dans les maisons, se généralisera. Malheureusement l’usage qu’on en fait actuellement est trop souvent devenu le symbole de la consommation.

En revanche, la présence de la crèche, au pied de l’arbre ou près de la cheminée, est là pour nous rappeler plus explicitement ce que Noël veut dire et ce que nous célébrons à l’occasion de cette fête.

Autour de l’Enfant couché dans la mangeoire, on y voit représentés Marie et Joseph, les bergers et les mages, l’âne et le bœuf… D’origine très ancienne, elle a connu, au cours des siècles, des formes, des dimensions et des styles divers. Mais elle a été popularisée grâce à saint François d’Assise. À la Noël 1223, à Greccio, petite bourgade d’Ombrie, en Italie, celui-ci rassembla les habitants dans une grotte où il disposa une crèche garnie de foin. Mais il n’y avait pas de statue : ni de Jésus, ni de la Vierge, ni de Joseph. La nouveauté fut de célébrer une messe au milieu d’animaux ; cette crèche fit redécouvrir le sens de Noël.

Aujourd’hui, les crèches sont répandues dans tout le monde chrétien. Les vêtements des personnages et la représentation des lieux changent selon les régions et les pays. J’en ai une, toute petite, qui vient du Pérou : les santons, en terre cuite coloriée, représentent les Indiens des Andes. Le Christ est vraiment venu pour tous.

Il faut prendre le temps, devant la crèche, de faire silence, de se recueillir et de contempler l’Enfant qui est l’Emmanuel, c’est-à-dire « Dieu avec nous ». On peut alors se rappeler ce que disait le concile Vatican II, dont nous allons fêter le 50e anniversaire en 2012 : « Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. Il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est devenu l’un de nous, en tout semblable à nous ». (Constitution « l’Église dans le monde de ce temps », paragraphe 22.)

Abbé Madies

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