DélégationPérigord Agenais

Non plus comme un esclave, mais comme un frère très cher

Par le Père Madiès, Aumonier de la délégation de Dordogne

Dans le monde gréco-romain du 1er siècle qui voit naître et s’épanouir l’Eglise, l’esclavage est une institution qui prive des millions d’hommes, de femmes et d’enfants non seulement de libertés mais aussi de la dignité d’êtres humains. L’esclave est la « chose » de son maître et ne saurait être considéré comme une personne.

L’apôtre Paul qui a reçu mission d’annoncer la Parole dans cette société païenne, ne va pourtant pas prêcher la révolution. Serait-il partisan de l’ordre établi ? Cela nous étonne peut-être de lire, par exemple, dans la première lettre à Timothée : « Tous ceux qui sont sous le joug de l’esclavage doivent considérer leurs maîtres comme dignes de respect » (6,1)

Cependant il s’agit d’esclaves chrétiens, d’esclaves baptisés, membres d’une communauté chrétienne : ils sont donc considérés, au sein de l’Eglise, non seulement comme de vrais êtres humains, mais comme des enfants de Dieu sauvés par le Christ à EGALITE avec ceux qui sont de condition libre : « Vous , en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni Juif, ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ. » ( Galates 3, 27-28).

Dans la logique de cette fraternité évangélique, le"propriétaire" d’esclaves devenu chrétien ne doit-il pas alors tirer la conclusion pratique du baptême qu’il a reçu ? C’est ce que suggère Saint Paul, prisonnier à Rome, dans la courte lettre qu’il envoie à Philémon dont l’esclave Onésime a pris la fuite - la fuite d’un esclave peut être punie de mort-.

Une bonne occasion n’est-elle pas donnée à Philémon de l’affranchir ?

« Peut être Onésime ne t’a-t-il été retiré pour un temps, non plus comme un esclave, mais bien mieux qu’un esclave, comme un frère trés cher ». Bien sur, pour Philémon, ce sera un manque à gagner, matériellement du moins ! « Allons, frère, j’attends de toi ce service dans le Seigneur ; soulage mon coeur dans le Christ. Je t’écris avec pleine confiance en ta docilité : je sais bien que tu feras plus encore que je ne te le demande ».

Décidemment, pour peu qu’on veuille mettre son comportement en accord avec sa foi, être chrétien n’est pas toujours de tout repos !

Imprimer cette page

Faites un don en ligne