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Vivre et agir ensemble

Les besoins humains

Témoignage de Philippe

Au Secours Catholique, la crise du Covid 19 a mis en évidence à quel point les besoins de l’homme sont multiples et pas seulement des besoins vitaux comme l’affirme Philippe dans une interprétation controversée de la « Pyramide des besoins  », au regard de son expérience auprès des plus fragiles dans l’équipe de Miramont de Guyenne du Secours Catholique.

Les besoins humains

publié en novembre 2020

La célèbre théorie de la « Pyramide des besoins  » du psychologue Abraham Maslow, bien que n’ayant pas de validité scientifique, est enseignée partout. pyramide de Maslow

Cette théorie distingue des besoins dits primaires, les besoins dits secondaires. Il serait donc important pour l’homme de d’abord satisfaire ses besoins primaires, manger, se vêtir, avant de pouvoir aspirer à des besoins culturels, spirituels. Et si Maslow s’’était trompé comme l’a pressenti ATD Quart monde dans son livre, « En finir avec les idées reçues sur la pauvreté ». « Il existe à la fois des besoins primaires vitaux et des aspirations de reconnaissance, de culture, de beauté… qui font que quelqu’un est un être humain à part entière. Pour passer de l’assistance à la participation, il faut que ces aspirations soient prises en compte. […] Nous proposons de remplacer le dessin pyramidal [de la pyramide de Maslow] par un cercle, une boule, qui respecte la totalité de la personne. »

condensé des témoignages par l'équipe de Miramont

Philippe témoigne de son expérience auprès des plus fragiles et propose une lecture controversée de la pyramide.

« Pour ma part, au tout début de la crise sanitaire Covid 19, j’ai plongé tête baissée dans le spectre d’une crise alimentaire qui constituerait à très court terme la problématique première de la quasi totalité des personnes fragiles, isolées que nous recevions auparavant. Mes collègues d’autres associations caritatives ont agi de même, brandissant l’étendard d’une crise alimentaire proche, pour des bénéficiaires ne comptant que sur les aides alimentaires pour manger. « On ne va pas laisser les gens crever de faim !  », avons-nous crié à l’unisson… C’était mal connaître la nature humaine ! Rapidement, lors de nos actions avec nos bénévoles "mandatés en action de portage", nous avons été confrontés aux personnes, ayant des besoins alimentaires et des difficultés de mobilité pour s’approvisionner vers les "points alimentaires", mais qui nous demandaient toute autre chose que du "portage". Quelques témoignages anonymes ci-contre montrent qu’un des besoins réels des personnes confinées, isolées, fragiles, était le besoin de contacts humains, un besoin de reprendre confiance en elles-mêmes et dans les autres. Nombre de personnes se sentaient abandonnées par les bénévoles que nous sommes et avec qui, les jours de permanence, elles avaient établi des relations amicales, fraternelles… de confiance ! C’est pour cette raison que l’action "Appel à un ami" a été adoptée par quelques bénévoles de notre équipe. Ces appels ont rapidement mis à jour des problématiques insoupçonnées, comme cette personne, adressée par les services sociaux, qui confiait : « Vous savez, moi, un paquet de biscottes et une plaque de beurre me suffiraient. Ce qui me manque, c’est une Bible (oubliée à l’église avant le confinement), et n’ayant pas de télévision, un poste de radio pour écouter une station religieuse. » Cette personne m’a rappelé, la voix chevrotante, pour me remercier d’avoir pu, avec l’aide de bénévoles, lui trouver un transistor et une Bible… Il s’agissait là d’une nourriture spirituelle dont elle avait un besoin prioritaire… Le reste passant donc au second plan... Je me suis d’ailleurs souvenu d’une phrase de l’Avare de Molière :« Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger ! » Ainsi, ai-je modestement pensé, les besoins physiologiques, placés en tout début de sa pyramide par Maslow, semblaient devoir "grimper" vers son sommet. Puis, en observant bien cette pyramide, je me suis aperçu que le besoin de confiance n’était que très discrètement suggéré au palier 4 de la pyramide, alors qu’il devait toujours à mon sens, être au tout début de cette pyramide. Je pense également que Maslow aurait confondu la confiance et le désir. La confiance est en effet ancrée (toujours selon moi, du moins sur mon expérience personnelle), au plus profond de nous-mêmes par ce qui nous a été inculqué dans notre enfance, notre adolescence et notre vie d’adultes. L’homme, je pense, prend toujours des références de personnes qui lui ont permis d’avancer, de s’épanouir, grâce à justement cette confiance qu’elles ont réussi à placer en lui au vu d’une expérience vécue. Ensuite, cette confiance envers les autres permet, me semble-t-il, d’acquérir une confiance en soi-même. Le désir, quant à lui, est relégué en fin de pyramide peut-être, car étant une chose plus que superficielle, du moins artificielle, qui consiste à vouloir tout, et ne pas prendre en compte ce que nous avons déjà... Les bonheurs simples du quotidien... »

personnes âgées isolées

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