DélégationPérigord Agenais

Voyage de l’Espérance

Partage, respect, écoute des autres, solidarité, joie : ce sont quelques mots clés pour définir le voyage de l’Espérance à Lourdes, qui s’est déroulé du vendredi 27 avril au lundi 30 avril inclus. Les bénévoles de Bergerac, Périgueux, Ribérac, Sarlat, accompagnés du père Jean-Louis Favard, ont tous répondu à l’appel de ce voyage de l’Espérance pour encadrer les accueillis du Secours Catholique de la Dordogne.

Pour certains, se rendre dans la ville natale de sainte Bernadette et marcher sur ses traces était une grande première. Avec une certaine appréhension liée à l’inquiétude de la nouveauté et surtout, paralysés à l’idée de « ne pas y arriver », de ne pas être à la hauteur de la tâche à accomplir ou de décevoir l’attente de celles et ceux qui avaient placé quelques espoirs en eux, ils n’en menaient pas large…

Comment expliquer que les nœuds se soient desserrés sans que l’on y songe vraiment, que les gestes se soient accomplis naturellement, sans calcul, que les paroles prononcées aient spontanément franchi les lèvres pour exprimer la gratitude ? Petits « miracles » de Lourdes, sans doute, auxquels il faut rajouter la ferveur, la fraternité, la bonne entente de tous.

Le témoignage de Paulette l’atteste : « J’en suis au cinquième voyage de l’Espérance. Nous avons tous communié ensemble. Toutes les démarches ont abouti. Le père Éric a su nous transmettre la souffrance de Bernadette. J’ai ressenti une légèreté en nous, jamais de stress, ce qui est bénéfique. Vous allez tous apprécier les bienfaits que ce voyage nous apporte en quelques jours. » Edrou, de confession musulmane, poursuit ainsi : « Je suis touchée par ce voyage. J’ai 66 ans, et jamais je n’ai été aussi heureuse. Merci à tout le monde, tout m’a réjouie. »

La grand-messe internationale à la basilique a rassemblé plus de 15 000 personnes, le dimanche 29 avril. Les prières chantées en plusieurs langues s’élevaient en une clameur unique portée universellement vers le Très-Haut. Bien sûr, tout le monde n’était pas assis, mais qu’importe le confort dans des moments aussi intenses et précieux ? Le père Jean-Louis Favard témoigne de cette ferveur unique : « Je repars très heureux, la veillée, toute simple, m’a marqué avec tous ces jeunes qui nous ont tout donné. J’ai été très touché à la basilique où je pensais vous voir tous "perdus" dans cette immense foule. Et puis, je vous ai vus… Hier soir, c’était cadeau. Nous étions tous ensemble sous la pluie battante, lors de la retraite aux flambeaux. Avec les brancardiers, je me suis retrouvé au pied du parvis, abrité par des parapluies inconnus. Merci pour cette expérience. »

La visite à la grotte bénie reste un moment fort, ainsi que la retraite aux flambeaux d’où se dégageaient une grande émotion, une profonde harmonie, rythmées par tous les chants en langues étrangères, modulées par les accords de deux flûtes traversières.

Marie-Hélène, grand-mère de Laure et de Valentin, s’exprime ainsi : « Cette année, venir à Lourdes consistait à partager ce que je ressens avec mes petits-enfants. Ils étaient émerveillés quand ils ont allumé les cierges à la grotte "de la Dame blanche". Laure m’a dit : "j’ai vu TA dame blanche". J’avais besoin de me ressourcer après [une période difficile]. Valentin m’a dit : "je n’allume pas mon cierge, je veux l’offrir à mon papa". »

Jean-Marie et Guy ont particulièrement apprécié la montée à Gavarnie sous la pluie et la neige. Laissons la parole à Guy, qui s’exprime en ces termes :  « Sachant par où je suis passé il y a trois ans, j’ai rebondi. J’appréhendais ce voyage, et je dois dire que les personnes handicapées m’ont beaucoup appris. Je ne regrette pas d’avoir engagé mes pas dans cette voie. Ce qui m’a marqué, moi l’asthmatique professionnel, c’est la marche sous la neige. À Lourdes, je n’ai eu aucun tracas. Ce que j’ai fait, c’est naturel, c’est le cœur que me l’a dicté. »

Les trois jours ont filé comme dans un rêve. L’heure du retour a sonné. Lundi matin, après un rassemblement-partage où chacun a fait part de ses impressions, les accueillis et les bénévoles ont déposé un ultime message au Rosaire de Sainte-Bernadette, après être allés écouter le père Jean-Louis Favard à une célébration, à La Bergerie.

Avec des yeux plus vifs, des sourires sereins et surtout des valises bien plus légères qu’à l’aller, le retour vers Périgueux s’est effectué sans encombre. Pour prolonger les « petits miracles de Lourdes », comment peut-on vivre, demain et après-demain, sans que cette flamme s’éteigne ? Peut-être en nous réunissant plus souvent, afin d’éviter que ces petites lumières de partage, de joie, de solidarité, ne se consument pas en vain.

Et si c’était cela l’Espérance ?…..

D. Boulet

Imprimer cette page

Faites un don en ligne